Assurance-autonomie: Des questions et des préoccupations

L’assurance-autonomie est indispensable. Mais son financement, son pilotage et l’accès de tous les bénéficiaires aux services posent encore question.
À propos de l’assurance-autonomie (AA), la CSC wallonne affirme qu’«il est impératif de ne pas laisser passer une opportunité qui risque de ne pas se représenter de sitôt». Pour autant, elle n’est pas prête à tout accepter. Le comité régional wallon de la CSC, le 26 avril, a mis des conditions incontournables à la mise en œuvre du dispositif et posé plusieurs questions essentielles.
L’emploi vient bien sûr en tête de ses préoccupations. L’emploi actuel doit être maintenu intégralement, et l’emploi futur doit faire l’objet de CDI. La ministre s’y engage. De plus, l’exigence de qualification de ces métiers devrait renforcer la pérennité de l’emploi.

Risque de sous-financement

La CSC wallonne pointe un risque de sous-financement rapide du dispositif quand il entrera en vitesse de croisière. Pour elle, le budget wallon doit être sollicité, sans quoi ou bien l’assurance-autonomie sera rapidement réservée aux cas les plus lourds, ou bien la cotisation devra rapidement augmenter.
Comme dans le modèle précédent, le risque existe que certains bénéficiaires ne puissent à l’avenir avoir qu’un accès très limité aux services, voire plus d’accès du tout, alors qu’ils devront s’acquitter d’une cotisation. La CSC demande que tout soit mis en œuvre pour éviter cela. Elle veut aussi que le souci de justice sociale soit rencontré par un barème progressif de la quote-part à charge des bénéficiaires.
Elle pointe également la dimension sociale des missions exercées par les services d’aide aux familles: l’accompagnement et le soutien de publics en difficulté sociale mais pas forcément en manque d’autonomie, comme les familles précarisées, des jeunes en soutien éducatif, etc. La ministre affirme que l’AA veillera à permettre la poursuite des interventions auprès de ces personnes.

D’une Région à l’autre 

Elle s’engage à revoir l’échelle Belrai (un instrument de mesure) afin de mesurer aux mieux les trois niveaux qui devraient permettre d’obtenir une aide: la dépendance, la dimension sociale et l’urgence. Qu’en sera-t-il du droit des personnes si elles déménagent et changent de Région? Pour assurer cette «portabilité» des droits, la CSC wallonne souhaite que des accords de coopération soient passés entre entités fédérées et avec les pays voisins, par exemple pour les travailleurs frontaliers occupés au Luxembourg.
Enfin, les organismes assureurs seront totalement aux commandes du nouveau système, avec une multiplicité de rôles. «Ils doivent veiller à la bonne gestion du dispositif, le contrôler et éviter la commercialisation des services, pour en garantir la qualité», souligne la CSC wallonne. Elle demande que le pilotage du dispositif soit confié à une instance dans laquelle les interlocuteurs sociaux seront présents.