Avis de tempête sur le plan Bacquelaine

Les travailleurs et travailleuses refusent le plan du ministre des Pensions sur les métiers lourds. Ils veulent des pensions décentes, prises à un âge raisonnable et ils l’ont dit haut et fort lors des actions organisées par les trois syndicats mardi 2 octobre. 
À La Louvière, à Liège, à Namur, à Bruxelles, il y avait du monde dans les rues, ce mardi 2 octobre. La petite pluie tenace n’a pas découragé militantes et militants venus très nombreux aux différents points de rassemblement. Les manifestants étaient plus de 6000 à Liège, 4000 à Namur, 10.000 à La Louvière et 7000 à Bruxelles. En Flandre aussi, les cortèges étaient denses, en particulier à Anvers où 15.000 personnes se sont rassemblées. Partout, en front commun, les manifestants et manifestantes ont clamé haut et fort, avec une détermination intacte, leur volonté de défendre des pensions décentes pour tous et toutes, prises à un âge raisonnable.  

55, 60, 65

Ce que veulent les travailleurs et les travailleuses, c’est le retour à la pension légale à 65 ans. Dans toutes les régions, les manifestants portaient de petits panneaux rouges «67» et verts «65» qui expriment cette volonté. Aux idées néfastes du gouvernement, ils opposent leur alternative, 50-55-65: à 50 ans, possibilité de crédit-temps pour tous et toutes, à 55 ans, possibilité de RCC ou de pension anticipée sans disponibilité sur le marché de l’emploi et à 65 ans, pension légale pour tous et toutes. Avec davantage de possibilités pour les jeunes de décrocher des emplois de qualité. 
Chaque région a exprimé cette revendication à sa manière. À Namur, c’est une «Petite Gayole» détournée qui a la cote: «Ils nous l’avaient toudi promis, le respect des travailleurs…» Mais le respect, ceux-ci l’attendent toujours! À La Louvière, le cortège défile sur une musique de carnaval aux paroles engagées. À Bruxelles, devant la cathédrale des Sts Michel et Gudule, la CSC BIE et les employés brandissent trois paniers de basket avec des alternatives syndicales et les manifestants visent celle de leur choix. Liège a placé son action sous le signe de Robin des Bois. Il est là, en chair et en os, incarné par René Petit (CSC Metea) et proclame: «Visons les mesures justes». Et, rue Léopold, les manifestants s’en donnent à cœur joie au tir à l’arc de la CSC   

Galère et misère

Dans toutes les régions, l’action de mardi a été précédée de larges distributions du «Journal des Pensions». Cette seconde édition, intitulée «Avis de tempête sur les métiers lourds», détaille les idées néfastes de Daniel Bacquelaine sur la pénibilité. L’information a bien circulé et si l’ambiance reste bon enfant, les slogans expriment l’indignation et la colère. «De l’argent, il y en a, il se cache au Panama» scande-t-on à Bruxelles. «La pénibilité m’a tué(e)… à qui profite le crime?» demande-t-on, faussement naïf, à La Louvière. Les jeunes y sont mis en évidence avec des photos de bébés: «Futurs pensionnés, on joue avec votre avenir!» Bruxelles exprime sa colère en scandant: «Les vieux dans la misère, les jeunes dans la galère… de cette société-là, on n’en veut pas!»  
Partout, les femmes sont bien visibles et à Liège, ce sont elles qui ouvrent le cortège. À l’appel des Femmes CSC, elles sont nombreuses à arborer des bandeaux roses, des chapeaux garnis de rubans roses pour rappeler qu’elles sont particulièrement ciblées par les mesures du ministre. Certains hommes portent, eux aussi, ces rubans roses en signe de soutien. Les Seniors CSC sont aux avant-postes  et le Gang des vieux en colère défile à La Louvière.

Les jeunes et les ministres   

Dans toutes les régions, les responsables de la CSC ont pris la parole. Chacun avec ses mots a rappelé que «tant qu’il y aura une injustice à combattre, la CSC se lèvera», a fustigé «l’indécence de la pension à 67 ans quand on sait qu’avant d’atteindre cet âge, une grande majorité d’entre nous sommes ou serons en mauvaise santé, quand on sait que les jeunes ne trouvent pas d’emploi de qualité»…  
Mais à Bruxelles, c’est une délégation de jeunes travailleurs qui a rencontré les ministres de l’Emploi, Kris Peeters, et des Pensions, Daniel Bacquelaine: Cédric, de la CSC-Alimentation et services, et Lavina, de la LBC (homologue néerlandophone de la CNE) ont porté celles de la CSC. Ils ont reproché au gouvernement de prendre des mesures illégitimes puisqu’elles ne figuraient pas dans leurs programmes électoraux. Les ministres ont reconnu que les mesures avaient été élaborées après la constitution du gouvernement. Néanmoins, ils les ont défendues et ne sont pas montrés très ouverts aux alternatives portées par les organisations syndicales.
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