Accrocheurs ou décrocheurs, tous exclus!

Les jeunes qui «décrochent» de l’école n’ont plus droit à des indemnités. Et ceux qui «accrochent» aux études et les prolongent n’y ont plus droit non plus.
D’abord, il y a eu les mesures du gouvernement Di Rupo, qui ont exclu un certain nombre de jeunes du bénéfice des allocations d’insertion. Celles-ci sont limitées à trois ans, après quoi vient la fin du droit aux allocations. Et puis sont venues s’y ajouter les mesures du gouvernement Michel, qui n’ont plus permis à un certain nombre de jeunes d’avoir accès aux allocations d’insertion. Désormais, les moins de 21 ans qui ne disposent pas du certificat de l’enseignement secondaire supérieur (CESS) n’ont plus le droit d’y prétendre, et les jeunes qui terminent leurs études après l’âge de 25 ans n’y ont plus droit non plus.
«Bref, les “décrocheurs scolaires” sont exclus, mais ceux qui accrochent aux études et les prolongent le sont aussi», résume Ludovic Voet, responsable francophone des Jeunes CSC. De plus, il suffit de rater une année dans le secondaire, une autre durant les études supérieures, et on est déjà hors cadre puisque la plupart des études ont été allongées.
Difficile d’obtenir un job Le gouvernement affirme que les jeunes diplômés trouvent aisément un emploi. C’est faux, malheureusement! Il est de plus en plus difficile d’obtenir un job: pas assez d’expérience, disent les employeurs. Du coup, sans ressources, les jeunes dépendent de leurs parents qui sont parfois eux-mêmes dans des situations financières difficiles. De nombreux jeunes acceptent donc ce qui se présente et occupent des emplois pour lesquels ils sont trop qualifiés. Du coup, les moins qualifiés trouvent encore plus difficilement... Tout cela rend l’ensemble de la jeunesse de plus en plus précaire. 
Et la sécurité sociale souffre, elle aussi: des emplois de qualité et bien payés signifient des cotisations sociales plus élevées. Or, les jeunes sont de moins en moins nombreux à avoir des emplois de qualité et bien rémunérés.